L'Argonne, terre frontalière à l'histoire mouvementée

Après une occupation préhistorique encore peu connue, l'histoire du pays d'Argonne débute sous l'ère des celtes alors que la région est partagée entre deux peuplades: les Rèmes à l'ouest et les Médiomatrices à l'est.

 

Suite à l'invasion de la Gaule, les romains construisent un réseau routier important et implantent une riche industrie de terre sigillée, une poterie rouge raffinée dont on peut voir des exemples au Musée de Varennes en Argonne et au Musée de la Princerie à Verdun. Dès le IIIème siècle, ils développent l'industrie du verre.

 

Lorsque l'empire romain commence à décliner les invasions dites barbares commencent. L'Argonne voit arriver successivement les Germains, les Huns d'Attila puis les Normands.

 

L'époque de la christianisation commence avec l'établissement des abbayes bénédictines et cisterciennes puis prémontrés et chartreux. Les moines développent l'agriculture, la pisciculture et la viticulture. Cette dernière disparaîtra totalement au début du XXème siècle à cause d'une épidémie de phylloxera. Aujourd'hui seuls, le pressoir de Beaulieu en Argonne et les noms de quelques lieux-dits témoignent de cette ancienne exploitation.

A la mort de Charlemagne, la frontière du royaume passe en plein milieu de l'Argonne en suivant le cours de la Biesme. Plus tard, elle devient le sujet de la convoitise des ducs de Bar et des évêques de Verdun. Elle voit les ravages successifs des Anglais, des Bourguignons, des Wallons, des hordes de mercenaires puis plus tard des Croates, des Polonais et des Hongrois.

 

Au XVIIIème siècle, le Pays d'Argonne entre dans l'histoire car il devient le théâtre de la fuite de Louis XVI. Reconnu par Drouet à Sainte Ménehould, la famille royale est arrêtée à Varennes en Argonne.

Plus tard, la France révolutionnaire et républicaine est assaillie par les Prussiens mis en déroute lors de la bataille de Valmy en 1792.

La première guerre mondiale a laissé des blessures profondes à la Haute Chevauchée, au Bois de la Gruerie, à Vauquois et à Montfaucon d'Argonne. L'Argonne fut le théâtre de la guerre des mines. Les tunnels, tranchées, sapes et entonnoirs laissés sont les témoins de ces combats sanglants. L'Argonne sera libérée par la 1ère Armée Américaine en septembre 1918 comme en témoigne les nombreux monuments américains.

En 1944, Clermont en Argonne vit 112 de ses habitants déportés; le monument devant la mairie leur rend hommage. La Résistance fut présente en Argonne comme en témoigne la stèle érigée près de Rarécourt.